La finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc possède, en octobre 2026, deux résultats qu’il faut situer dans le temps. Le 18 janvier, le Sénégal a gagné 1-0 après prolongation à Rabat grâce à Pape Gueye. Le 17 mars, le Jury d’appel de la CAF a déclaré les Sénégalais forfaits et homologué un 3-0 en faveur du Maroc. La Fédération sénégalaise a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui n’a pas encore rendu sa sentence. Son dernier communiqué, daté du 19 octobre, annonce une décision motivée attendue fin novembre. Raconter cette finale demande de distinguer le jeu, la décision de la CAF et le recours en cours.

Le résultat du terrain, le 18 janvier à Rabat

Le premier titre sénégalais à la CAN 2021 donne la mesure de l’enjeu sportif : quatre ans après cette victoire, les Lions de la Teranga se retrouvaient encore en finale, cette fois face au pays organisateur. Le Maroc cherchait un premier sacre continental depuis 1976. Le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat offrait au pays hôte le soutien de son public, mais aussi une pression particulière. Pour les deux équipes, l’affiche résumait des années d’attente et de travail.

Le compte rendu de la finale publié par la CAF le soir du match rappelle les occasions d’une première période sans but. Pape Gueye a placé une tête que Yassine Bounou a repoussée. Le gardien marocain a ensuite gagné son face-à-face avec Iliman Ndiaye. De l’autre côté, Nayef Aguerd a manqué un centre d’Abdessamad Ezzalzouli. Le score à la pause, 0-0, ne rendait pas compte de toutes les situations créées, mais il indiquait déjà que le match se jouerait sur peu de gestes.

Après la reprise, le Maroc a augmenté sa pression. Ayoub El Kaabi a notamment eu une occasion sur une passe de Bilal El Khannouss, sans parvenir à cadrer. Les deux équipes ont alterné phases de maîtrise et séquences plus prudentes : l’une cherchait à exploiter l’appui du stade, l’autre conservait la possibilité de partir vite. Bounou est encore intervenu face à Ibrahim Mbaye en fin de temps réglementaire. À cette minute, rien ne permettait d’annoncer avec certitude qui allait soulever le trophée.

Dans le temps additionnel, une décision arbitrale a déclenché la controverse. À la suite d’une consultation de la vidéo, un penalty a été accordé au Maroc pour une faute sur Brahim Diaz. Une protestation sénégalaise et une interruption du jeu ont suivi. Lorsque le jeu a repris, Diaz n’a pas transformé sa tentative. Le compte rendu de la CAF décrit la tentative manquée; il faut la replacer dans le déroulement du match, sans réduire toute la finale à cette seule action.

Le but de Pape Gueye et la victoire après prolongation

Au début de la prolongation, le Sénégal a récupéré le ballon au milieu. Sadio Mané a lancé le mouvement et Pape Gueye a avancé jusqu’à l’entrée de la surface avant de frapper du gauche. Bounou n’a pas pu arrêter le tir. Le relevé francophone de la CAF situe le but à la 94e minute; sa version anglophone le place à la 93e. Cet écart d’une minute dans les fiches n’affecte ni le score ni le fait essentiel : Gueye a marqué l’unique but du jeu après les 90 minutes réglementaires.

Le Maroc a continué à attaquer. Édouard Mendy a dû intervenir sur une tête d’Aguerd, tandis que le Sénégal a manqué la possibilité de doubler l’avance par Chérif Ndiaye. La rencontre s’est achevée sur le score de 1-0 après prolongation. Les joueurs sénégalais ont célébré une deuxième victoire continentale, et la CAF l’a présentée ainsi dans son article du 18 janvier. Ce reportage est une source valable pour le déroulement sur le terrain, mais sa date est antérieure au changement du résultat homologué.

Cette distinction explique pourquoi une recherche en ligne peut encore afficher une page annonçant le Sénégal champion. Un reportage écrit immédiatement après une finale décrit le score alors constaté; une décision juridictionnelle ultérieure peut modifier le résultat officiel sans effacer le match joué. Lire l’une ou l’autre page sans regarder sa date entretient une confusion. Pour FootBantu, l’essentiel est d’indiquer explicitement de quel résultat on parle, et à quel moment il s’appliquait.

Du dossier disciplinaire à la décision d’appel de la CAF

Les incidents entourant l’interruption ont d’abord été examinés par les organes disciplinaires de la CAF. Le communiqué du Jury disciplinaire publié le 28 janvier annonce des sanctions visant les deux fédérations ainsi que certains joueurs et officiels. Il concerne le comportement observé pendant et autour de la finale. À cette étape, le résultat du match n’était pas encore celui que le Jury d’appel allait ensuite homologuer.

La Fédération royale marocaine de football a fait appel. Le communiqué officiel de la CAF du 17 mars 2026 indique que le Jury d’appel a accueilli ce recours, annulé la décision du Jury disciplinaire sur le point examiné et estimé que la conduite de l’équipe sénégalaise relevait des articles 82 et 84 du règlement de la CAN. En application de l’article 84, il a déclaré le Sénégal forfait pour la finale et enregistré un résultat de 3-0 en faveur du Maroc.

Le 3-0 n’est donc pas un score marqué sur la pelouse de Rabat. C’est le résultat homologué par la CAF à la suite d’une procédure d’appel. Le 1-0 reste la description du match effectivement terminé après prolongation. Les deux nombres ne sont pas interchangeables. Un article consacré aux gestes de Gueye et de Bounou peut mentionner le 1-0 du terrain; un article consacré au palmarès officiellement retenu par la CAF à ce stade doit tenir compte du 3-0 décidé en mars.

La décision soulève naturellement une question de confiance chez les supporters des deux pays. Certains retiennent la victoire jouée et célébrée, d’autres la décision institutionnelle. Les préférences sportives n’autorisent pourtant pas à présenter une contestation comme une sentence définitive. Les documents publics permettent de dire ce que chaque instance a décidé et à quelle date. Ils ne permettent pas de prédire l’issue d’un recours dont les juges délibèrent encore.

Pourquoi le Sénégal a porté l’affaire devant le TAS

Le TAS a enregistré le recours sénégalais le 25 mars 2026. Selon son communiqué, la Fédération sénégalaise demande l’annulation de la décision de la CAF et souhaite être déclarée vainqueur de la CAN. C’est la demande d’une partie à la procédure, pas le résultat d’un arbitrage déjà rendu. La CAF et la fédération marocaine figurent parmi les parties concernées par ce recours.

La procédure a franchi une étape le 8 octobre avec une audience à huis clos à Lausanne. Le communiqué du TAS du 19 octobre précise que les arbitres ont commencé leurs délibérations et entendent rendre une sentence complète avec motifs juridiques. Le tribunal situe cette publication vers la fin de novembre 2026. Il ajoute que seules ses propres communications font foi pour les annonces concernant ce dossier.

Au 24 octobre, aucune sentence du TAS n’a été publiée sur sa page de communiqués. La décision CAF du 17 mars demeure donc la référence institutionnelle connue pour l’homologation du match, tout en étant contestée devant le tribunal arbitral. Il faut garder ces deux propositions ensemble. Dire que le Maroc bénéficie aujourd’hui du 3-0 homologué ne préjuge pas de la décision future; dire que le Sénégal a remporté 1-0 la rencontre disputée ne signifie pas que son recours est déjà gagné.

Cette chronologie protège aussi contre les annonces prématurées. Une date d’audience n’est pas une date de jugement; le début des délibérations n’est pas leur conclusion. Un message de supporter, une image de trophée ou une ancienne page de résultats peuvent circuler plus vite que la sentence elle-même. Pour établir ce que le TAS a décidé, la bonne référence sera son communiqué ou sa sentence, lorsque l’un des deux sera publié. Le calendrier annoncé est une attente, et non une garantie absolue sur le jour exact.

Ce que révèle la finale sur les deux équipes

La procédure ne retire pas l’intérêt footballistique du match. Le Sénégal a résisté à une fin de temps réglementaire particulièrement tendue, puis a marqué dès l’entrée dans la prolongation. Le Maroc a créé des occasions, notamment par El Kaabi et Aguerd, mais n’a pas concrétisé. Pape Gueye, Sadio Mané, Édouard Mendy et Yassine Bounou ont eu chacun un rôle visible dans le scénario. Cette lecture du jeu repose sur les séquences vérifiables de la finale; elle ne dépend pas du résultat juridique final.

Le parcours qui avait amené le Sénégal à Rabat compte aussi. Après deux victoires et un nul en phase de groupes, les Lions ont éliminé le Soudan, le Mali puis l’Égypte. Le compte rendu de la demi-finale Sénégal–Égypte par la CAF rappelle le but décisif de Mané. En comparaison, notre récit du Sénégal à la Coupe du monde 2022 montre comment la sélection a appris à gérer plusieurs compétitions à élimination directe. Il ne s’agit pas de dire que ces campagnes sont identiques, mais d’observer la continuité d’un groupe capable de franchir des tours difficiles.

Le Maroc arrivait aussi avec des références fortes. Sa qualification contre le Nigeria aux tirs au but en demi-finale de la CAN 2025 avait exigé une longue résistance défensive. La demi-finale mondiale de 2022 offre un autre jalon de l’évolution de la sélection et de son environnement. Ces performances ne prouvent pas qu’une finale devait appartenir au pays hôte. Elles expliquent pourquoi les attentes étaient élevées et pourquoi le match s’est joué sous un regard continental intense.

La controverse montre enfin la différence entre quatre métiers souvent réunis dans une même conversation : arbitrer un match, en rendre compte, appliquer un règlement disciplinaire et statuer sur un recours. L’arbitre a conduit la finale; les journalistes ont rapporté le 1-0; la CAF a homologué un 3-0; le TAS doit encore répondre à l’appel. Confondre ces étapes produit des phrases spectaculaires mais imprécises. Les distinguer permet de respecter à la fois les joueurs et la procédure.

Une information à mettre à jour quand la sentence sera publiée

Le titre officiellement enregistré par la CAF et le souvenir sportif sénégalais sont aujourd’hui au centre d’un dossier toujours ouvert. FootBantu suivra la décision du TAS lorsqu’elle sera rendue et datée. La mise à jour devra préciser si la sentence maintient, annule ou modifie la décision du Jury d’appel de la CAF, en citant son texte. Jusqu’alors, aucune issue ne doit être annoncée comme acquise au nom d’un calendrier, d’une émotion ou d’un ancien compte rendu.

Pour le lecteur, la formulation la plus fidèle au 24 octobre est simple : le Sénégal a gagné 1-0 la finale disputée le 18 janvier; la CAF a ensuite homologué 3-0 pour le Maroc le 17 mars; le recours sénégalais devant le TAS reste pendant. Le but de Gueye appartient à l’histoire du match. Le palmarès officiellement retenu pour l’instant dépend de la décision de la CAF. La suite de l’affaire appartiendra à la sentence attendue fin novembre.

Sources officielles

La chronologie repose sur le récit de la finale publié le 18 janvier par la CAF, les sanctions disciplinaires annoncées le 28 janvier, la décision du Jury d’appel du 17 mars, puis les communiqués du TAS sur l’enregistrement du recours et l’état de la procédure au 19 octobre.